Voitures essence : Pourquoi le Maroc est-il encore à la traine ?

Écrit par mekanikus

Le monde est entrain de bannir progressivement le diesel de son parc automobile, tout simplement parcequ’il est plus polluant et présente un impact lourd sur la santé publique. Un danger que prouvent les nombreuses études organisées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Partout sur notre planète et dans d’autres pays, de nouvelles taxes contre le diesel sont actuellement à l’étude.

Si ces taxes commencent un jour à être appliquées sur le continent européen par exemple, il existe de grandes chances que le Maroc, qui calque toutes ses homologations sur le modèle européen, abandonne le diesel. Les critères d’achat en matière automobile dans notre pays pourraient donc être amenés à changer dans les années à venir.

Cette prochaine et nouvelle configuration du marché si elle s’opère, pourrait totalement rééquilibrer la part des importations des véhicules (entre parc diesel et parc essence), dans un pays où le diesel reste pourtant très largement dominant (77% de l’ensemble du parc automobile national).

Déjà, la décompensation totale du gasoil orchestrée il y’a quelques années par le gouvernement Benkirane, et conjuguée à un prix du sans plomb qui a longuement surfé sur une baisse du baril de brent, avaient contribué à rendre l’essence un peu plus concurrentielle par rapport au mazout.

Et puis, qui a dit que l’essence n’avait pas aussi ses avantages ? Une voiture essence est pourvoyeuse d’agrément de conduite, de performances, mais également de prix à la baisse en termes de vignette, d’assurance et même de coûts d’entretien.

Les importateurs de voitures ne sont pas réfractaires à ce que ce switch vers les véhicules essence s’opère au Maroc. ” Si les importateurs de véhicules neufs au Maroc misent encore sur le tout-diesel, c’est parce qu’ils n’ont pas trop le choix”, nous explique un concessionnaire automobile basé à Casablanca.

” Le marché est ce qu’il est pour le moment et nous sommes obligés, même à contre coeur, de nous y adapter… en revanche nous laissons ouvertes les commandes potentielles pour tous ceux qui voudraient acheter des véhicules essence ». Pour le moment, le segment des micro et petites citadines est celui qui utilise le plus les motorisations essence au Maroc, face à un consommateur marocain qui demeure encore « très prudent » .

L’essence jouit pourtant d’une image de « propreté », avec ses motorisations moins « lourdes », moins bruyantes, plus faciles à entretenir et plus performantes que le diesel. Espérons que sa côte remontera très vite dans nos contrées !