Rénovation de moteurs au Maroc : Un métier qui agonise !

Écrit par mohamed mounadi

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La rénovation de moteurs est un métier qui se distingue par sa composante mécanique de précision exercée dans les les ateliers de “Rectification des moteurs” qui, auparavant, employaient des dizaines de salariés.

Rien qu’à Casablanca, on dénombrait dans les années 1970/1980 plus d’une trentaine d’ateliers de rénovation de moteurs. Aujourd’hui, ces ateliers n’existent presque plus alors que leur nombre aurait dû s’accroître avec l’explosion du parc circulant !

Il s’agit d’une activité à forte valeur technique puisqu’elle fait appel à une main d’oeuvre qualifiée et à plusieurs intervenants autour du prescripteur, le garage. Ce dernier réceptionne le véhicule, démonte et assemble le moteur dont le bloc est rectifié auprès d’un atelier spécialisé. Il achète chez les distributeurs, les pièces moteurs : pistons et chemises, pochettes de joints, coussinets, courroies, pompes, poulies… lesquelles pièces sont fabriquées localement ou importées. Après rectification du bloc moteur, il rassemble celui-ci et le monte dans le véhicule.

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Aujourd’hui, la concurrence des ferrailleurs a fragilisé l’activité des ateliers mécaniques et torpillé les investissements réalisés, tout en intensifiant l’informel qui affaiblit la profession, prive l’Etat de recettes substantielles et cause la déperdition d’une main d’oeuvre très qualifiée.

Au Maroc, le ministère de tutelle tente de remédier à cette situation. Il espère pouvoir adopter dans un futur proche certaines mesures, dont les principales consistent à substituer les importations des moteurs standards en relançant les activités des ateliers de rénovation, qui utiliseront les pièces fabriquées localement et emploieront par exemple des techniciens lauréats de l’OFPPT. Le ministère espère également favoriser l’intégration des garages de réparation et des ateliers de rectification du secteur formel. Enfin, il aspire à développer l’activité de rénovation à l’échelon industriel pour livrer des moteurs standards aux garagistes, mais également assurer l’export vers l’Afrique.

Une telle démarche, si elle réussit, pourrait déboucher sur la création d’un écosystème autour des fournisseurs de pièces moteurs. Ces derniers pourraient approvisionner une unité industrielle de rénovation des moteurs ou des ateliers mécaniques spécialisés, afin de substituer les importations et développer les exportations vers l’Afrique. Une action qui s’inscrirait parfaitement dans le Plan d’Accélération Industrielle. En tout cas, c’est l’avenir qui nous le dira !