Pièces de rechange automobile au Maroc : La ferraille mène toujours la danse !

Écrit par mohamed mounadi

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Il existe une cinquantaine de ferrailles au Maroc, dont les plus importantes sont Salmia et Sidi Moumen, situées à Casablanca, ainsi que celle de Yakoub El Mansour à Rabat.

La part des pièces de rechange commercialisées par les ferrailles au Maroc est estimée à plus de 10% du total du marché, mais peut atteindre des proportions très importantes dépassant de loin les 50% pour certaines pièces, à l’instar de celles liées à la carrosserie ou encore sur les moteurs standards.

La clientèle des ferrailles au Maroc est constituée de garagistes dits de quartiers, de prescripteurs finaux ainsi que de particuliers… les prix proposés pour les pièces défient toute concurrence (les pièces de rechange sont souvent proposées 50% moins cher).

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A plusieurs reprises, les acteurs du marché de la pièce de rechange neuve au Maroc se sont mobilisés pour dénoncer, selon eux, la “concurrence déloyale” que leur imposait “la ferraille”. Plusieurs réunions ont, par exemple, été tenues entre le Groupement Interprofessionnel de l’Automobile au Maroc (GIPAM), les départements ministériels de l’Industrie, du Commerce Extérieur et l’Administration des Douanes.

Cependant, à l’issue de ces différentes réunions, il a été souligné qu’aller vers une interdiction pure et simple des ferrailles au Maroc, comme cela est le cas de pays tels que la Turquie ou l’Algérie, serait un choix difficilement tenable. Et pour cause, compte tenu des poids économique et social des ferrailleurs, une telle mesure conduirait à un choc frontal avec ces derniers qu’aucune partie ne pourrait justifier ni assumer.

En revanche, la décision a été prise d’arrêter une liste de pièces de rechange à interdire à la vente chez les ferrailleurs. Une telle décision pourrait être justifiée par la sauvegarde de la santé et de la sécurité des consommateurs, la lutte contre la pollution et la défense des intérêts économiques du pays. Cette interdiction a déjà commencé à concerner certaines pièces e sécurité telles que les disques et plaquettes de freins, les amortisseurs, les pneumatiques etc.

Les opérateurs de la pièce de rechange neuve au Maroc voudraient étendre cette interdiction à d’autres composants dont le plus important est le “moteur standard”. La prolifération à l’importation de moteurs usagés aggrave la pollution et l’insécurité routière sous nos latitudes. L’activité “rénovation moteurs” se trouve délaissée causant des pertes de volumes et de compétences pour le secteur de la distribution et de la réparation (voir notre article sur le sujet).

Il est clair qu’il ne suffit pas d’interdire l’importation de moteurs standards pour réparer le préjudice que subissent les professionnels, mais favoriser plutôt leur rénovation localement dans des ateliers spécialisés. Si les retombées paraissent bénéfiques pour les professionnels, fabricants et distributeurs, elles seront énormes pour la création d’emplois dans ce type d’ateliers.

Rappelons que les pièces usagées importées par les ferrailleurs ne sont pas soumises par le ministère du commerce et de l’industrie au contrôle de leur conformité par rapport aux normes marocaines rendues d’application obligatoire ! Une telle omission pénalise en premier les fabricants et très fortement les importateurs de pièces neuves avec toutes les conséquences imaginables.