Pare-buffles interdits au Maroc : Une décision plutôt ” floue ” !

Écrit par mohamed mounadi

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Depuis le 15 décembre, la nouvelle est sur toutes les lèvres : il s’agit de l’interdiction des pare-buffles au Maroc. Mais si tout le monde en parle, beaucoup ne comprennent pas cette nouvelle décision instaurée par le ministère marocain des transports et qui intervient dans le cadre d’une circulaire adressée aux directeurs des réseaux de centres de contrôle technique, mais aussi du Centre national d’essais et d’homologation (CNEH).

En substance, la nouvelle circulaire de l’interdiction d’équiper tout type de véhicules avec des barres de protection, ou “pare-buffles”. Une telle réglementation entrera en vigueur à partir du début de l’année entrante, c’est à dire à partir du 1er janvier 2018. Tout véhicule équipé d’un pare-buffle fera systématiquement l’objet d’une visite complémentaire.

Protéger les piétons… oui mais ?

L’objectif d’une telle mesure est de réduire les lésions dont sont victimes les piétons et autres usagers vulnérables de la route lorsqu’ils sont heurtés par les surfaces frontales des véhicules. Il faut dire que, pour protéger les piétons, de nombreux constructeurs prévoient des parties “souples” sur le devant des véhicules qu’ils construisent, à l’instar de la calandre en plastique facilement cassante ou des pare-chocs déformables.

En revanche, si une telle disposition est destinée à protéger les piétons contre les pare-buffles rigides en métal, qu’en est-il des pare-buffles souples ? Ces derniers existent bel et bien dans le commerce (chez certains importateurs) et possèdent cette caractéristique de pouvoir se déformer facilement lors d’un choc frontal tout en protégeant par amortissement les piétons et les pièces composant le devant du véhicule.

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Pare-buffle souple en plastique

Si le but est de protéger les usagers vulnérables de la route, on peut également se poser certaines questions concernant les bittes de remorquage et autres boules d’attelage. Ces dernières peuvent être particulièrement dangereuses pour les motards en cas de choc à l’arrière du véhicule, sans parler du fait qu’elles sont généralement dévastatrices pour les autres véhicules en cas de collision ou lors des stationnements en ville.

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Boule d’attelage

Imprécise, la nouvelle disposition donne la nette impression d’être “nébuleuse” et sujette à interprétation ! Notamment dans l’éventualité où, après le passage à la visite technique, le pare-buffle est réinstallé par la suite ? Rien ne précise si les agents d’autorité interviendront pour empêcher les automobilistes qui continuent de disposer d’un tel équipement sur leurs véhicules. Et puis, si la nouvelle disposition n’est applicable qu’au niveau des centres de visite technique, aura-t-elle un effet rétroactif pour les véhicules qui ont passé leur visite technique avant le 1er janvier 2018, date d’entrée en vigueur de la nouvelle disposition ?

Enfin, on peut se poser des questions quant à l’impact économique qui sera ressenti auprès des revendeurs et importateurs de ces pièces de métal. Beaucoup de questions qui laissent le flou planer sur l’application d’une telle décision et sur ses conséquences…