Arrivée du chinois BYD au Maroc : Qu’est ce qui va changer ?

Écrit par mohamed mounadi

Après l’implantation de géant chinois BYD au Maroc, prévue dans le cadre d’un protocole d’accord paraphé samedi dernier à Casablanca entre le Roi Mohammed VI et le milliardaire chinois Wang Chuanfu, Président du groupe automobile chinois BYD, qu’est ce qui va concrètement changer pour le Maroc ?

Mohammed-VI-BYD
Le Roi Mohammed VI et Wang Chuanfu, Président du groupe automobile chinois BYD

Tout d’abord, le protocole d’accord prévoit l’installation d’une usine de production de voitures électriques BYD (“Build Your Dream”) à proximité de la ville de Tanger, dans la future “Cité Mohammed VI Tanger Tech”, une “ville industrielle” portée par le groupe chinois Haite.

Cette usine sera suivie par la mise en place de trois autres unités de fabrication, l’une de batteries électriques, l’autre de camions et de bus électriques et enfin la troisième de trains électriques. Ces différents sites de production occuperont une superficie de pas moins de 50 hectares et permettront, à terme, de créer près de 2.500 emplois.

Pour le Maroc,  ce projet permettra d’asseoir davantage la position du Royaume dans le domaine de l’industrie automobile. Pour rappel, le Maroc est aujourd’hui le 20 ème producteur mondial d’automobiles dans le monde.

Il faut dire que le Maroc mène depuis quelques années déjà une solide stratégie d’industrialisation, dont Tanger représente le fief. Cette ville de plus d’un million d’habitants comprend désormais de nombreux parcs industriels, notamment dans le domaine de l’industrie automobile depuis l’implantation de l’usine Renault, la plus grande d’Afrique.

Un tel projet permettra également au Royaume d’entrer de plain-pied dans le domaine de la mobilité durable. Le Maroc se positionne déjà comme un acteur majeur du développement durable sur le plan régional, grâce à une stratégie volontariste en matière d’énergies “vertes”, matérialisée par la mise en place de la station solaire Nour ou encore l’annonce de plusieurs projets écologiques depuis la tenue, en novembre 2016, de la COP 22.

BYD-Maroc 1

L’objectif avoué du Maroc est d’ailleurs de réussi à porter, à 52% à l’horizon 2030, la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique. En la matière, une firme comme BYD fait figure de pionnier de la voiture électrique.

La Chine reste d’ailleurs le premier marché mondial de véhicules électriques. Ce pays avait annoncé, en septembre dernier, sa ferme interdiction d’interdire la production et la vente de voitures à carburants fossiles.

Avec l’arrivée de BYD, le Maroc profitera du transfert de technologie tout en renforçant ses exportations. Il commencera également à développer un véritable marché interne pour les véhicules électriques, avec l’installation de bornes électriques un peu partout sous nos latitudes et l’encouragement d’une mobilité basée sur le zéro émissions.

Pour sa part, BYD pourra bénéficier de la situation géographique du Maroc, en tant que porte d’entrée pour l’Europe et pour le marché africain. Une occasion de renforcer la présence des voitures électriques dans la région, d’autant plus que de nombreux observateurs prévoient, qu’à l’horizon 2030, les deux tiers des véhicules légers (voitures particulières et utilitaires) neufs seront plus ou moins électrifiés.