Algérie : Des ventes automobiles catastrophiques en 2017 !

Écrit par mohamed mounadi

 
Rien ne va plus pour les ventes du neuf automobile en Algérie. Selon les pronostics de plusieurs spécialistes du secteur automobile algérien, dont notre ami Mourad Saadi, patron du Mensuel Automobile Algérie, le marché algérien de l’automobile neuve pourrait être « littéralement réduità néant dès 2017 ». Et si les perspectives sont aussi sombres pour un marché pourtant traditionnellement fertile, c’est bien parce que l’Etat algérien vient d’instaurer un système contraignant de quotas pour les concessionnaires de l’automobile, limitant ainsi, depuis la mi mai (2016), l’entrée des véhicules neufs sur le sol algérien. Ces derniers sont désormais importés à hauteur de seulement 152.000 unités par an et doivent bon gré mal gré satisfaire un marché qui compte annuellement pas moins de 450.000 ventes !
 
Ces impopulaires quotas !
 
Pourquoi donc une mesure aussi impopulaire ? Tout simplement parce que l’Etat algérien aurgemment besoin de rééquilibrer la balance commerciale entre ses importations et exportations rudement malmenées par la chute fulgurante des exportations et du prix du baril de pétrole. Le système des quotas est donc de nature àparalyser tout le secteur automobile, surtout en comparaison avec les dernières années qui ont vu le marché progresser de façon extraordinaire. « Les besoins en mobilité et en transport sont immenses en Algérie. Pourtant, ils ne pourront plus être satisfaits aujourd’hui », regrette Mourad Saadi avant de poursuivre : « Il est vrai que cette politique de quotas permet d’équilibrer un peu la balance commerciale du pays, face notamment à la réduction des importations, en raison de la chute de prix qu’a connu le baril de pétrole. N’empêche qu’elle provoquera davantage de chômage et des crises sociales, car elle minera tout le secteur automobile ».
 
Des concessionnaires disparaitront au profit d’autres…
 
Le marché algérien à la fin des années 1990 et début des années 2000, était caractérisé par des taux d’importation de véhicules d’occasion très importants chez les particuliers qui importaient plus que les concessionnaires. Par la suite, l’Etat algérien avait interdit l’importation de ces véhicules pour les particuliers. Ce qui avait « boosté » en quelque sorte le chiffre d’affaires des concessionnaires qui existaient àl’époque. Aujourd’hui, l’Etat algérien, en plus d’imposer des quotas, offre la liberté totale d’importer et de commercer. Ce qui se manifeste depuis 2 mois par l’arrivée de nouveaux distributeurs en Algérie, notamment pour certaines marques telles que Hyundai, Chevrolet, Opel, Ford… Une situation qui provoquera, àcoup sûr, une disparition pure et dure de certains concessionnaires au profit d’autres.
 
Un cahier de charges particulièrement contraignant…
 
L’Etat algérien a fixé de nouvelles normes pour les concessionnaires et distributeurs de marques automobiles avec un nouveau cahier de charges en termes de sécurité, de représentation (200 m2 minimum de surface d’exposition pour un showroom), présence d’un atelier, etc.   Pour importer en Algérie, il faut une licence d’importation. Une telle licence est valable pour une durée de 6 mois àpeine. Ainsi, un concessionnaire qui passera par exemple commande en Asie, devra attendre 3 mois pour que sa commande soit prête, 3 mois avant qu’elle ne parvienne jusqu’en Algérie. Le temps que la commande arrive, la licence se trouvera déjà achevée ! De fait les volumes vont encore s’amenuiser adavantage à l’heure où la demande reste toujours aussi forte en Algérie. Peugeot Algérie par exemple sont désormais soumis àun cota de 7000 véhicules, alors que leur portefeuille de commandes avoisine les 9000 unités. Ils vont donc devoir rembourser pas moins de 2000 clients !
 
Qui négocie avec les pouvoirs publics algériens ?
 
Seule l’association des concessionnaires possède la légitimité pour négocier avec les pouvoirs publics, pourtant elle ne fait que soumettre des propositions dont les responsables algériens ne prennent guère compte. Le seul moyen de réguler ce problème serait donc de se retourner vers le marché de l’occasion. Certains parlent d’une réouverture de l’importation de l’occasion à partir de l’Europe.